Rencontre(s) • 1er février 2010 • Guillaume Delmas • Alexis Chabot

Parents d’élèves et lycéens...

Christiane Allain, secrétaire générale de la FCPE

Christiane Allain, secrétaire générale de la Fédération des conseils de parents d’élèves des écoles publiques (FCPE), a répondu à nos questions après avoir écouté le discours d’ouverture de Gérard Aschieri.

Que représente la FCPE ? Quel est le sens de votre présence au congrès de la FSU ?

Christiane Allain : La FCPE est la première fédération de parents d’élèves de l’enseignement public. Nous sommes très attachés aux notions de coéducation, de laïcité, de gratuité de l’école publique et de réussite de tous les élèves. La FSU étant un syndicat d’enseignants œuvrant au sein de l’école publique, il nous paraît naturel d’assister à son congrès comme à ceux des autres syndicats de l’éducation. D’ailleurs, Gérard Aschieri vient de parler d’unité : et c’est bien ainsi, parents et enseignants, tous ensemble, que nous pouvons défendre le service public d’éducation et la laïcité, actuellement mis en danger par les décisions et les discours du gouvernement.

Quels sont les enjeux majeurs aujourd’hui qui peuvent justifier des combats communs ?

C. A. : Les combats communs sont, notamment, la lutte contre les suppressions de postes, le refus de l’affaiblissement de l’école publique, la formation des enseignants. C’est aussi la mise en concurrence de l’école privée et de l’école publique. On veut nous faire croire que l’école privée, c’est la même chose que l’école publique, alors qu’il n’en est rien : n’oublions pas que 98% des enfants handicapés sont scolarisés dans les écoles publiques, de même que 97% des enfants socialement défavorisés… Et pourtant, ce sont des millions d’euros qui partent dans les écoles privées actuellement. D’ailleurs, la défense du service public de l’éducation s’inscrit dans une défense des services publics en général. Dans ce combat, nous pouvons être unis. En revanche, nous n’avons pas tout à fait la même lecture de la réforme des lycées : la FCPE s’est abstenue sur cette réforme car nos demandes d’améliorations sur les conditions de vie et d’apprentissage des lycéens ont été prises en compte. En dépit de ce léger désaccord, l’analyse de la politique gouvernementale de casse de l’école publique, telle que l’a développée Gérard Aschieri, rejoint notre propre point de vue.

Pensez-vous que les relations entre enseignants et parents d’élèves sont satisfaisantes ?

C. A. : Il me semble qu’entre enseignants et parents, dans les établissements scolaires, on arrive à bien travailler ensemble dans l’intérêt des enfants. Globalement, les choses se sont améliorées, même si des progrès restent possibles, car il existe une volonté commune. Le décret Parents de 2006 a d’ailleurs été un instrument utile en ce sens en définissant plus clairement le rôle et la place de chacun. C’est d’autant plus important à nos yeux que la FCPE défend l’idée de coéducation.


Antoine Evenou, président de l’UNL

Antoine Evenou est président de l’Union nationale des lycéens depuis octobre 2009. Il présente l’UNL, son action et le dialogue de son organisation avec la FSU.

L’UNL c’est quoi ? C’est l’union nationale des lycéens, qui est depuis 8 ans la première organisation lycéenne. Nous œuvrons pour une école plus juste, un service public démocratique et pour la défense des acquis sociaux.

Les mobilisations actuelles de l’UNL ? Depuis 2007, le gouvernement nous mène droit dans le mur avec une politique dogmatique et irresponsable de suppressions de postes. Une politique qui montre totalement ses limites dans le concret quand on est 36 par classes et que des élèves n’arrivent même pas à s’asseoir en cours. Les dernières réformes montrent d’une part les contradictions politiques et d’autre part l’idéologie politique qui guide le gouvernement.

Par exemple ? La réforme de la formation des enseignants qui ne leur apporte plus aucune formation professionnelle pose un problème pour nous dans le sens où on va se retrouver l’année prochaine avec des enseignants qui n’auront jamais vu des classes, ni appris concrètement à transmettre des savoirs.

Sur la réforme des lycées, on a des divergences avec la FSU mais il y a beaucoup de points où on se retrouve notamment contre les programmes scolaires idéologiques avec lesquels le gouvernement veut formater les élèves, c’est le cas par exemple du projet de programme de SES purement libéral.

L’UNL et la FSU ? Depuis quelques années, de nouveaux dialogues se sont créés entre l’UNL et la FSU dans le respect de l’indépendance des organisations. Nous souhaitons que ces dialogues s’amplifient et s’élargissent, qu’ils aillent sur d’autres sujets.

Les débats, le travail commun doivent être approfondis. Pour affronter les phases politiques et syndicales qui arrivent, il faut montrer les convergences de lutte et les divergences que nous avons avec le gouvernement afin de mettre en place le rapport de force pour le faire plier.


Charlotte Allegret et Alexia Portin responsables de la FIDL

La FIDL, pour quoi faire ?

La FIDL est un syndicat lycéen, créé en 1987, à la suite du mouvement sur les lois Devaquet par des étudiant de SOS-Racisme ce qui fait qu’on a un ancrage sur toutes les questions d’inégalités, de ghettoïsation, d’antiracisme. En plus d’être sur les questions de réformes du lycée, d’orientation, etc… On regroupe des lycéens de tous milieux dans les lycées agricoles, généraux, technologiques, professionnels.

Les mobilisations et l’actualité de la FIDL ?

Pour nous, la priorité c’est la réforme du lycée, les suppressions de postes et toutes les attaques du gouvernement sur la carte scolaire. La politique du gouvernement c’est la logique du toujours moins : toujours moins de moyens, toujours moins d’investissement, toujours moins de garantie de la mixité. Cette réforme créé un fossé entre deux jeunesses qui vont s’opposer : les lycées d’élites contre les lycées ghettos. Le renforcement de l’autonomie est un grand danger qui participe de la division entre lycées. Le gouvernement se défausse de ses responsabilités et c’est le cadre républicain garant de l’égalité qui est attaqué.

Une autre actualité, c’est la campagne qu’on lance contre la violence. On veut réaffirmer qu’il y a d’autres réponses que la répression aux questions de violence. Des réponses de prévention, des temps d’échange qui peuvent être organisés dans des lycées. Il faut forcer ce gouvernement à chercher à comprendre d’où vient le malaise des lycéens. On a écrit un manuel, téléchargeable sur un site dédié : www.violence.fidl.org , pour expliquer quels projets peuvent être menés par les lycéens.

La FIDL et la FSU ?

On renoue des liens qui s’étaient peut-être un peu distendus parce qu’un syndicat lycéen ça va toujours vite. Le discours de Gérard Aschieri a montré tous les liens entre nous : l’opposition à la politique migratoire du gouvernement, à la politique du chiffre, le refus du « débat sur l’identité nationale », l’attachement aux libertés... On aura toujours besoin d’échanger. La FSU nous fera avancer et nous aiderons la FSU en l’aidant à comprendre le monde lycéen. On tient notre congrès à Lyon les 27 et 28 mars, on invite chaleureusement la FSU et le SNES

 
Equipe rédactionnelle   SPIP