Jean-Baptiste Prévost, président de l’Union nationale des étudiants de France (UNEF) depuis le 8 décembre 2007, est intervenu devant notre congrès.
Qu’est-ce que l’UNEF ?
L’UNEF est la première organisation syndicale étudiante, elle a fêté ses cent ans il y a peu et regroupe 30 000 adhérents. Elle représente non seulement le syndicat majoritaire mais l’organisation à l’instigation de laquelle le mouvement étudiant s’est rassemblé ces dernières années.
Quel est le sens de votre présence au congrès de la FSU ?
Venir à ce congrès relève pour nous de l’évidence : la FSU est un partenaire privilégié de l’UNEF, non seulement dans le champ d’action de l’éducation mais en raison d’une même démarche syndicale privilégiant l’unité d’action et visant un rassemblement majoritaire afin de créer un rapport de forces et d’obtenir des débouchés concrets. Nous partageons une même analyse des forces et des faiblesses du mouvement syndical, une même volonté de résister mais aussi de tracer des perspectives de réformes ambitieuses. Pour nous, les étudiants ont besoin d’une boussole dans les luttes à mener. En outre, la FSU montre un véritable respect pour l’autonomie du syndicalisme étudiant. Ainsi, nous marchons séparément mais nous frappons ensemble, ce qui est particulièrement vital dans la période actuelle. Enfin, intervenir devant les congressistes sera pour moi l’occasion de saluer Gérard Aschieri, qui a été une véritable force tranquille du syndicalisme et qui a toujours manifesté la plus grande loyauté à l’égard de l’UNEF.
Quels messages voudriez-vous faire passer ?
Le premier message est celui de la nécessité de l’unité syndicale mais aussi de la solidarité entre les générations. L’unité est un facteur de confiance, elle sera indispensable dans les luttes à venir, en particulier sur les retraites, bataille fondamentale qui concerne directement les jeunes. Il faut aller contre le dressage libéral de la jeunesse, qui justifie la déconstruction d’un modèle social auquel les jeunes aspirent pourtant, et qui tente de les convaincre que le système de répartition n’est plus possible. Il faut pérenniser ce système et intégrer de nouvelles revendications, par exemple la validation des années d’études et des périodes d’inactivité forcée dans le calcul des annuités. Enfin, nous devons tracer ensemble des perspectives ambitieuses pour la politique éducative : contre la régression universitaire et éducative mise en œuvre aujourd’hui, il faut retracer un cap, notamment en matière de démocratisation universitaire. L’université connaît aujourd’hui une période de doute, tant chez les personnels que chez les étudiants. On assiste à un dénigrement organisé de l’université, auquel s’ajoute un certain sentiment d’impuissance en dépit de la forte combativité de ces dernières années.
