L’histoire du SNPES-PJJ est étroitement liée à celle de la protection judiciaire de la jeunesse. Il syndique tous les personnels qui travaillent dans les structures qui s’en occupent au ministère de la justice, des administratifs aux agents d’entretien en passant par les éducateurs qui représentent la majorité des personnels. Créé en 1947, ses objectifs sont doubles : défendre et développer le droit à l’éducation pour tous les mineurs et revendiquer des moyens pour assurer ce droit.
Pris dans un étau
Or, « depuis 1997 », explique Roland Ceccotti-Ricci, « la protection judiciaire de la jeunesse est sous la pression des politiques ». Pour résumer, il faut régler le problème de la délinquance des mineurs. Et dans le même temps, ce service public, comme tous les autres, subit de plein fouet les restrictions budgétaires. Une double difficulté qui se décline sur le terrain par des fermetures de structures et de postes et le changement des missions de la protection judiciaire de la jeunesse. « Nous avions dans l’esprit de l’ordonnance de 1945, et dans celle de l’ordonnance de 1958, une approche globale du mineur. Nous étions habilités pour accompagner les mineurs en danger et les jeunes auteurs de délits » raconte Nicolas Justal. Or, la mission de protection a été confiée depuis aux conseils généraux. « Cette décision marque l’abandon d’une approche qui permettait aux professionnels de resituer les actes délinquants dans un contexte et une histoire personnelle car souvent les mineurs ayant commis un délit et les mineurs en danger sont les mêmes » complète Chantal Thibault.

Le code de justice pénal des mineurs
Le SNPES-PJJ voit arriver avec inquiétude le futur code de justice pénale des mineurs qui devrait être proposé à l’Assemblée dans l’année. Le rapport Varinard sur la refonte de la justice des mineurs paru en décembre 2009 annonce un changement radical de la vision de l’enfance et de l’adolescence. La suppression de la terminologie « enfant » dans les textes en est un symbole comme le durcissement de nombreuses mesures à l’égard des enfants dont la création de la comparution immédiate à partir de 13 ans. « La dimension d’éducation à laquelle nous sommes très attachés disparaît au profit de la sanction comme seule réponse à la délinquance » regrette Chantal Thibault mais elle entend bien que son syndicat pèse dans les débats qui s’annoncent avec les autres partenaires de la FSU.
Soutenir et mobiliser les personnels
Sur le terrain, les personnels multi-catégoriels doivent continuer à prendre en charge les adolescents dans ce contexte dégradé. La nouvelle carte judiciaire et les suppressions d’établissements ont créé un éloignement entre les mineurs et la PJJ. « Les prises en charge collectives et occupationnelles sont privilégiées au dépend d’une approche individuelle du parcours du jeune » décrit Nicolas Justal. Difficile devant un tel rouleau compresseur de garder la tête hors de l’eau et de se mobiliser. « Cette situation, ces attaques multiples et violentes interrogent le syndicalisme aujourd’hui » explique Roland Ceccotti-Ricci qui appelle à un mouvement de contestation d’ampleur.
